Le vélo, geste barrière essentiel, sauf pour la ville de Mulhouse.

Communiqué de presse de Mulhouse Cause Commune
Mardi 14 mai 2020

Le communiqué de presse de la Ville de Mulhouse du 5 mai était prometteur : « Des aménagements cyclables provisoires vont être mis en œuvre à partir du 11 mai sur deux axes structurants... ».
A l’occasion du conseil municipal du 7 mai, les propos de la Maire et de son adjoint à la voirie étaient engageants bien qu’un poil moins affirmatifs : « Dès la semaine du 11 mai des aménagements provisoires seront mis en place sur l’axe reliant le secteur Coteaux-Dornach au Drouot […]. Dans la semaine du 18 mai pour la liaison reliant Bourtzwiller à l’hôpital« .

Visuel : Photo de la ville de Mulhouse pour illustrer la reprise des chantiers, ici la liaison routière à l’Est de l’hôpital Emile Muller. 


En parallèle, une consultation « flash » était lancée pour interroger les Mulhousien.ne.s sur leurs intentions de déplacements… . Soit, mais par le passé les consultations organisées sur le même sujet avaient débouché sur franchement pas grand chose, sinon rien. Et puis ne peut-on pas assumer des choix clairs plutôt que de s’en remettre aux sondés quand l’urgence est là ? Rappelons que la fameuse vélorue préélectorale n’a fait l’objet ni de consultations, ni de concertations… tandis-que dans le secteur Fonderie (rues du Manège et Saint-Sauveur) la consultation puis les promesses de réalisation au printemps 2019 puis à l’automne de la même année ont débouché sur… rien du tout. Comprenne qui pourra.

Aussi, plusieurs jours après le début du déconfinement, plusieurs semaines après la reprise des chantiers, pas le moindre début de commencement d’aménagement provisoire. Pourtant le trafic automobile, agrémenté acoustiquement parlant des traditionnelles parades en grosses cylindrées, motos et quads, a bien repris sans être à 100% de sa « capacité », heureusement d’ailleurs… . Pourtant, depuis plusieurs semaines, un peu partout ailleurs on s’active pour miser sur la solution vélo…même dans des villes réputées peu cyclables (Montpellier, Nice, Neuilly-sur-Seine…) et où on hésite pas, pour ce faire, à sacrifier les deux voies automobiles.

Et pendant ce temps, sur l’itinéraire Boulevard Stoessel ou ailleurs sur des trottoirs affreusement étroits, les promeneurs en recherche d’un bon bol d’air frais sortent en nombre, plus qu’à l’accoutumé, souvent obligés de partager un espace public réduit avec
les cyclistes. Toujours en partie « démasqué.e.s », nos concitoyen.ne.s, piétons et cyclistes, sont donc obligé.e.s de s’y s’agglutiner.

Le risque de contamination est accru car les mesures de distanciation physique sont souvent impossibles à respecter dans la pratique. Preuve en est.

Pourtant, aucun plot, pas un marquage, absence de signaux avancés d’un quelconque aménagement spécial covid-19… . Où sont les plans ? Où se trouve la planification des interventions ? L’impression que rien ne va vraiment bouger… pour mieux bricoler lorsque la pression conjuguée des cyclistes associés et des communiqués médiatisés obligent à se réveiller. Réaction, improvisation, jamais anticipation/proaction !

Quelle est la priorité ? La santé publique ou la reprise de chantiers non indispensables.
Jugez plutôt la reprise de la réalisation, à l’est de l’hôpital Emile Muller d’une route qui transperce la nature pour mieux filer en véhicule motorisé. Tellement inutile et juste bon à gâcher l’argent public (2 millions d’euros !) et à bien encercler un établissement de santé, lui apporter son lot de poussières et de particules fines en ces temps covidés…

Car désormais c’est surtout l’inaction qui fait le lit d’une deuxième vague. Le beau temps est annoncé et il devient déjà trop tard pour susciter une acceptation d’un dispositif vélo ambitieux, avec la reprise constatée des mauvaises habitudes. Tant que nos élu.e.s n’auront pas intégré une fois pour toute la nécessité d’anticiper un minimum les choses, nous resterons englué.e.s dans notre bitume, à tousser simultanément nos postillons covidés et notre air vicié !
C’est juste, et une fois de plus, non-assistance à population en danger !