Les masques sont décidément un sujet de discorde au long cours. La dernière en date, sur la provenance des masques mulhousiens, mérite quelques remarques.

Vu, hélas, notre dépendance pas si nouvelle à la production délocalisée des pays asiatiques, cette situation ne pouvait se résorber en deux mois.

Notre filière textile a été sacrifiée, il n’y a pas d’autres mots, sur l’autel de la rentabilité.

Les décideurs ont semblé redécouvrir l’importance stratégique d’une telle filière et ils ne cessent désormais de vanter les mérites du textile made in France/Alsace… pour mieux faire oublier qu’ils ont soutenu les politiques inconséquentes déployées ces dernières décennies pour laisser le marché et les marchands tout puissants jouer au Monopoly… mais grandeur nature cette fois ! Avec à la clé une dévitalisation de notre tissu économique et une désindustrialisation douloureuse. Merci aux visionnaires de pacotille, souvent encore aux affaires…

Alors, oui, je me permettrais de rappeler que durant la campagne électorale de février-mars 2020 , je fus le seul à aborder cette question cruciale, en bonne place dans notre programme, lors des débats TV et de la soirée « Mulhouse j’y crois ».

Loin de polémiquer, car nous savons bien la difficulté de remobiliser tous les acteurs d’une production locale à qui on demande soudain de fournir d’immenses quantités. Mais le reconnaître aurait été préférable plutôt que de parler de masques « réalisés localement », pour s’éviter ainsi une avalanche de reproches, forcément compréhensibles.

Demain, avec l’agglomération et tous les partenaires, nous nous attellerons à rebâtir une filière locale vertueuse, peu gourmande en eau et pourvoyeuse d’emplois pérennes. Et nous n’oublierons pas les acteurs économiques prêts à embrayer.

Loïc MINERY, Mulhouse Cause Commune – 16 mai 2020