Intervention de Jason FLECK

Conseiller municipal de Mulhouse

Conseil municipal du mardi 15 décembre 2020

Retrouvez l’extrait vidéo du Conseil municipal :

Sur les points à l’ordre du jour :
Point 30 – délibération 211 Mulhouse ville nature : aides à la renaturation et à la création d’espaces
Point 34 – délibération226 Cession d’un terrain sis 144 av. d’Altkirch pour la création d’un pôle d’activités tertiaires

Madame la Maire,
Mesdames et messieurs les adjoints,

La délibération 211 propose des aides pour inciter les particuliers à planter des arbres, des pelouses, troquer des zones bituminées pour des espaces verts. Nous encourageons évidemment cette démarche en faveur de la renaturation. Cependant la ville doit rester cohérente.

On s’étonne d’abord des nombreuses coupes d’arbres matures, comme celles liées aux travaux du collège Kennedy, et on s’inquiètera de celles qui pourraient avoir lieu lors des travaux au Drouot ; même si vous les remplacez par de arbres jeunes, il faudra plusieurs années pour compenser la perte de captage du carbone. Pourquoi la mairie ne pourrait-elle pas s’assurer que les architectes incluent les arbres anciens dans les nouveaux projets pour éviter leur destruction ? La renaturation et la préservation des arbres existants devraient être au cœur de tous les futurs aménagements de l’espace public.

Nous relevons également une forte contradiction si nous faisons un bond vers la délibération 226, je me permets de l’anticiper maintenant car les sujets sont étroitement liés. La mairie souhaite vendre un superbe terrain en friche de 2137 m², sur lequel on trouve des arbres et des plantes poussant librement, pour y faire construire « une étude notariale, un cabinet d’expertise-comptable et une école de commerce ».

Les activités citées pourraient parfaitement trouver leur emplacement ailleurs dans les nombreux locaux vides de Mulhouse, qu’ils appartiennent ou non à la mairie. Des usines désaffectées, des immeubles vides, des terrains bitumés à l’abandon, ce n’est pas ce qui manque. Il faudrait inciter la réhabilitation des structures vides plutôt que les constructions détruisant des terrains naturels.

De plus les finances de la ville se portent bien, il n’y a donc aucune nécessité budgétaire à vendre ce terrain.
Ne devrait-on pas conserver le foncier public pour des projets d’intérêt général, ou laisser simplement ces espaces à la nature, ou encore créer des micro-forêts à l’exemple de la méthode Miyawaki qui permet de créer des biotopes avec quelques centaines de mètres carrés ?

On pourrait débattre longuement sur l’importance ou non de 2137 m² de nature, mais au-delà de cet exemple en particulier nous craignons que la contradiction soit symptomatique d’une politique. Dans un souci de cohérence avec votre volonté de renaturation de la ville, nous vous appelons à ne pas sacrifier au profit des intérêts privés nos espaces publics où la nature reprend ses droits.

Nous voterons donc pour l’aide à la renaturation mais contre la vente de ce terrain.

Enfin, nous regrettons que la commission « transition énergétique » n’ait pas encore été réunie, et qui aurait été l’occasion d’aborder en amont ces sujets.

Merci.

Jason FLECK