Prise de parole de Maëlle PAUGAM sur le Rapport d’orientations budgétaires 2021

Conseillère municipale à Mulhouse

Conseil municipal du 19.11.2020

Retrouvez l’extrait vidéo du Conseil municipal :

Madame le Maire,
Monsieur l’adjoint aux finances,
Chers collègues,

Soulevons tout d’abord un problème de méthode.

Pour aborder la question des finances il semble plus logique de commencer par faire un état des lieux puis analyser les besoins, et tenant compte du champ des contraintes, les prioriser et donc pouvoir en garantir le financement. Faire ce qui nous semble être ce qu’on attend de la politique. Et pas uniquement figer le cadre financier, les fameuses « guidelines » qui rassurent ou épouvantent le cours de la bourse… ce qui est au final l’essentiel des éléments chiffrés du Rapport d’orientations budgétaires (ROB).

En termes d’analyse, on peut tout de même retenir deux indicateurs particulièrement pertinents qui donnent une photographie de la situation de notre ville et non seulement de ses finances :

  1. le potentiel fiscal de Mulhouse est le plus faible de France parmi les villes de plus de 100 000 habitants. Mulhouse est et reste une ville pauvre.
  2. la taxe foncière y est très élevée ! Cela explique entre autres la fuite des habitants vers la périphérie. Quand reconnaîtra-t-on enfin que Mulhouse est passée sous la barre des 110 000 habitants ?

Ces deux indicateurs restent stables depuis maintenant une dizaine d’années. Ce qui veut dire que notre situation sociale et économique ne s’est pas améliorée, que les politiques de ce que vous nommez l’« attractivité » menées ces dernières années n’ont pas porté leurs fruits.

Au- delà de ces éléments d’analyse, la suite du Rapport d’orientations budgétaires (ROB) ne donne aucune indication chiffrée détaillée des ambitions qui sont affichées. En préparation de ce conseil, nous vous avions demandé une présentation des moyens prévus pour permettre à notre ville d’affronter la crise sanitaire et sociale qui ne fait que commencer. Les éléments que vous nous présentez pour faire face à la crise COVID-19 ne sont pas satisfaisants car ils ne sont pas chiffrés et ne sont pas adossés à un état des lieux et aux besoins spécifiques qui en découlent, ni aux choix et repriorisation nécessaires pour les financer. C’est pourtant ce sur quoi nous aurions voulu débattre avec vous aujourd’hui et ce avant la présentation du budget primitif de décembre prochain.

Maëlle PAUGAM, conseillère municipale