Certains parlent de « typhon » ou de cyclone à propos de la mobilisation de demain, jeudi 5 décembre. Si tempête il y a à redouter, c’est bien pour les citoyennes et les citoyens ciblés par cette réforme prétendument source d’avancées.

Remettre en cause le principe de la retraite par répartition et lui préférer la capitalisation (système des points) engendrera mécaniquement une baisse des pensions et de l’incitation individuelle à la poursuite de carrières longues, trop longues… . La doxa ultralibérale, partout en échec, partout contestée, sauf par les minorités qui en bénéficient et qui pilotent paradoxalement le navire, est le typhon. La mondialisation non régulée est le théâtre. Jeu dangereux, économie casino où chaque ville peut passer du statut de « métropole intégrée » à celui de zone urbaine en faillite en un rien de temps, à la suite d’un clic déconnecté des réalités.
Ce système qui cloisonne nos espaces d’expression, compartimente nos lieux de vie, désagrège les mécanismes de solidarité produit de la rancoeur, du dégoût, et hélas parfois de la barbarie.

Nos territoires sont désagrégés, standardisés, privatisés, doucement mais sûrement. Les élus en place gesticulent, font croire qu’ils ont la recette magique pour booster « l’attractivité », à grand renfort d’économie numérique, mirage des temps contemporains. En réalité ils sont dépossédés et ne le reconnaissent pas. Pire ils sont trop souvent complices et idiots-utiles du piège tendu par la folle finance.

Il faut pousser ce cri que les sans-voix ici à Mulhouse voudraient faire entendre. Dans une ville déjà paupérisée, cette nouvelle offensive libérale précarisera encore davantage les laissés pour compte. Sinistre sort réservé en majesté par la macronie. Oh elles parleront toutes de solidarité, d’aides aux plus démunis. Côté face le RSA contre bénévolat n’a pas semblé les émouvoir. Faisons nos économies sur le dos des plus modestes, il est déjà assez tondu par les torpilles réformatrices des transfuges de la droite « républicaine »…

La ville n’est pas une start-up (beaucoup de start-up font de belles choses) et ses habitant.e.s n’ont pas à être en burn-out permanent.

Tournons le dos à ce sinistre monde où l’ont se prosterne sur l’autel de la rentabilité et où l’ont vénère l’austérité.

Construisons autre chose, protégeons nos biens communs, refondons les solidarités, réenchantons la ville.

Reprenons le contrôle de nos vies,

5 décembre 2019, 14h place de la Bourse