Intervention de Jason FLECK
Conseiller municipal

Conseil municipal de Mulhouse du 17 juin 2021

Retrouvez l’extrait vidéo de l’intervention de Jason FLECK :

La ville s’apprête à engager entre 64 000 et 520 000€ sur quatre ans dans la prévention, la dératisation et la désinsectisation. Nous avons ici deux sujets qu’il faut distinguer.

– Premièrement, concernant les punaises de lit : nous avions déjà demandé un rapport sur la situation et nous n’avons pas eu de retour. La désinsectisation est dans ce cas une méthode nécessaire car il n’existe pas de méthode de prévention. Il suffit d’un voyage, d’une visite au mauvais endroit et n’importe qui peut se retrouver envahi. Le phénomène a tendance à s’étendre en France, comme l’indique une page du gouvernement dédiée à la question. Combien de Mulhousiens, d’immeubles sont-ils concernés ? Un véritable problème de salubrité publique peut se poser à la population et nécessite d’être quantifié, car la désinsectisation est très coûteuse et extrêmement compliquée à l’échelle de tout un immeuble. Or la plupart des Mulhousiens ont peu de ressources.

– Deuxièmement, concernant les rats : l’aspect prévention est effectivement primordial car des habitants peuvent se retrouver en souffrance. Il faut savoir que l’importance d’une population de rats est fixée premièrement par l’offre de nourriture. Le facteur essentiel est donc la conservation soignée des denrées alimentaires hors de leur portée. Ce qui ne relève pas de l’action d’une entreprise mais de mesures d’hygiène.

Le piégeage et la mise à mort sont en effet vains, et je rejette d’avance les accusations de sensiblerie en appelant au pragmatisme : les populations de rats décimées par exemple par des mesures d’empoisonnement s’en remettent très rapidement et c’est d’ailleurs pour cette raison que la « lutte » est permanente. Les études scientifiques ont démontré que les rats sont des animaux pourvus d’une organisation sociale et territoriale très complexe dont les populations s’autorégulent. Comme les renards, le fait d’attaquer de façon létale une population de rat contribue à rendre les femelles encore plus fertiles (il y a davantage de petits par portée, des pubertés précoces) et les territoires « nettoyés » sont rapidement occupés par le clan voisin qui va étendre la colonisation de façon exponentielle en l’absence de concurrence. Par ailleurs, les rats sont en concurrence alimentaire avec les cafards, et ceux-ci auront tôt fait de les remplacer dans une zone où la nourriture n’est pas protégée. La lutte létale contre les rats n’est jamais rendue efficace sur le long terme – ce qui n’est pas le cas de la prévention. Je vous cite la conclusion du « Guide technique à l’usage des maires sur la lutte contre les rongeurs » de la Direction départementale des affaires sanitaires du Val d’Oise : « La lutte offensive, c’est-à-dire la pose de produits raticides et de pièges, n’est qu’un palliatif. »

Je m’interroge donc sur les méthodes employées par la municipalité actuellement : quelles sont-elles précisément ? Quel est le retour sur investissement des sommes d’argents engagées pour tuer des rats, quand on sait que ce sont des mesures d’hygiène qui sont la solution à la plupart des désagréments causés ? Je demande également un bilan des désinfestations passées afin d’en tirer des solutions pragmatiques.