Intervention de Jason FLECK

Conseiller municipal

Conseil municipal de Mulhouse du 30 septembre 2021

Retrouvez l’extrait vidéo de l’intervention de Jason FLECK :

Madame la maire,
Mesdames et messieurs les adjoints,

A propos du plan école, en cette rentrée scolaire 2021 les enseignants dressent à nouveau un constat amer dans notre ville sur le manque de moyens matériels.

La quinzaine d’écoles élémentaires REP+ de Mulhouse est aujourd’hui dépourvue de salles informatiques et de BCD, Bibliothèque Centre Documentaire. Les professeurs font avec ce qu’ils ont dans leur classe, et ils n’ont pas grand-chose.

Toutes les salles ne sont pas encore dotées de vidéoprojecteurs ou, quand ils en ont, ne sont pas adaptés. La mairie a lancé un plan d’équipement des vidéoprojecteurs en deux ou trois ans. Ce délai d’attente est incroyable.

Les ordinateurs proposés aux professeurs, bas de gamme et obsolètes (sous Windows XP), ne sont pas capables de gérer les tablettes numériques. Les enseignants amènent donc parfois leur ordinateur personnel. Mais cela ne suffit pas puisqu’il n’y a plus de maintenance pour les tablettes, et un seul référent informatique pour les quinze écoles.
Le wifi est dysfonctionnel, là encore les enseignants utilisent souvent leur propre réseau via partage de connexion de leur téléphone personnel. Parfois il n’y a même pas internet dans la salle des maîtres.

Les ordinateurs pour les élèves sont réduits à une présence dépassant rarement deux par classe, six pour les plus chanceuses.

Des élèves, dont les familles très précaires n’ont pas toutes des ordinateurs à la maison, arrivent parfois au collège, en 6ème, sans avoir quasiment jamais utilisé un clavier, une souris, un logiciel de traitement de texte. Or le programme d’enseignement des apprentissages fondamentaux de l’élémentaire, le cycle 2, indique clairement (je cite) que « Les élèves apprennent à utiliser les fonctions simples d’un traitement de texte, ils manipulent le clavier ».

Les écoles de Mulhouse sont donc matériellement dans l’incapacité d’assurer les bases de l’apprentissage de l’outillage bureautique.
On s’étonnera qu’une mairie fière d’être une smartcity, « ville des intelligences », finançant rappelons-le généreusement des initiatives privées comme l’École 42 de Xavier Niel, laisse ses écoles élémentaires quasiment à un stade digne des années 80. Le meilleur pour les élèves est une question de choix politiques.

On me répondra que la difficulté est la place. Les préfabriqués fleurissent dans les cours de plus en plus réduites. Certes le dispositif de dédoublement des classes a contribué à cet état de fait mais, disons les choses franchement, il n’y a tout simplement pas suffisamment d’écoles à Mulhouse pour gérer la démographie actuelle ! Plus que 500 élèves dans une école, c’est trop.

Nous ne pouvons évidemment pas vous demander d’écarter les murs d’un coup de baguette magique. Mais il n’y a cependant pas lieu de se résigner. D’autres alternatives existent.

A très court terme, il faut rendre le matériel informatique de chaque classe opérationnel et adapté ; disposer d’un personnel dédié à raison d’une journée par semaine pour assurer l’entretien et résoudre les problèmes. Ce n’est pas aux professeurs d’assurer la maintenance informatique des écoles de Mulhouse.

A moyen terme, il faut engager la création de nouvelles écoles.

Nous demandons donc de toute urgence un état des lieux, un plan de financement en équipement, en personnel, en moyens de maintenance de toutes les écoles élémentaires de la ville sans exception, répondant réellement aux demandes des équipes pédagogiques. Il est de votre devoir d’assurer l’égalité des droits des enfants mulhousiens.

Il est incompréhensible qu’une ville comme Mulhouse où les disparités sociales appellent des moyens plus importants qu’ailleurs ne puisse répondre à ces impératifs. Ce n’est pas un appel à promouvoir l’idéologie consumériste d’une école du « tout numérique », c’est éviter l’injustice de priver des milliers d’élèves d’une formation numérique de base et s’assurer de la bonne mise en œuvre du programme éducatif.

Merci.