Intervention de Maëlle PAUGAM

Conseillère municipale à Mulhouse

Madame la maire, cher.e.s collègues,

Comme vous nous le dites souvent, il est important de savoir se réjouir d’une bonne nouvelle. Et nous vous remercions de nous rappeler à cette exigence d’optimisme, d’autant plus cruciale en ces temps troubles que nous vivons et qui semblent bien vouloir se prolonger.

Extrait vidéo de l’intervention de Maëlle PAUGAM :

Donc oui, nous vous le confirmons, nous nous réjouissons de cette volonté partagée de sauver les copropriétés mulhousiennes en difficulté et d’œuvrer ainsi à maintenir une diversité d’accès au logement dans notre ville. Il s’agit de s’engager à donner toutes leurs chances à un maximum de propriétaires mulhousiens de rester dans leur logement s’ils le souhaitent, et de permettre à d’autres d’envisager une accession à la propriété. C’est un signal fort.

Cependant nous ne pouvons pas imaginer qu’il y a un peu plus de 10 ans, la décision d’engager le premier programme d’intervention sur les copropriétés des coteaux ne relevait pas déjà de cette même volonté. Malheureusement le constat est partagé que ce premier programme n’a pas donné pleinement satisfaction :  il faut donc y revenir.

Des éléments de retours d’expérience dont nous disposons sur ce premier programme d’intervention, et plus généralement sur ce type de plan de sauvegarde, nous notons qu’il est effectivement indispensable d’approfondir l’analyse des baisses de charges courantes. Et ceci devra certainement passer par des travaux complémentaires d’isolation, tel qu’envisagés dans la convention. 

Cependant, il apparaît aussi que la réussite d’un tel plan passe par la continuité d’accompagnement social auprès des copropriétaires à l’achèvement du programme.  

L’expérience du PICO des Coteaux, et la nécessité d’y revenir, tend en effet à montrer que 5 années d’accompagnement ponctuel ne suffisent pas forcément à pérenniser un fonctionnement qui sécurise durablement le versement des charges, tout particulièrement lorsque des travaux d’envergure viennent s’ajouter à l’entretien courant d’un tel édifice.

Les copropriétés des Coteaux ont, et continueront, d’accueillir une forte proportion non négligeable d’habitants copropriétaires avec des revenus modestes. Une baisse de revenu même temporaire, ou un besoin urgent de changer de véhicule, ou tout autre aléa courant de la vie peut fortement les déstabiliser financièrement et les mettre en difficulté pour assumer l’ensemble des charges qui leur incombent. Différer le paiement des charges de copropriété est alors très souvent l’option la « moins pire » à court terme pour faire face à l’urgence du quotidien.

Dans ce cadre, les travailleuses et travailleurs sociaux intervenant auprès de ces personnes doivent disposer d’une formation spécifique à ces situations de vie au sein d’une copropriété. Si ceci est bien le cas pendant la durée des plans de sauvegarde, il l’est généralement beaucoup moins une fois ceux-ci arrivés à leur terme. Ce type d’accompagnement ne relevant bien sûr pas de l’activité des syndics qui se retrouvent ensuite souvent bien seuls pour faire face à ces problématiques.

Il y a donc un enjeu fort à se préparer dès maintenant aux modalités pérennes de fonctionnement post plan de sauvegarde pour l’ensemble des copropriétés de notre ville qui en font, ou en feront, l’objet. Ces modalités ne peuvent pas uniquement se baser sur la seule responsabilité et prise de conscience des co-propriétaires. La sensibilisation et la formation aux tâches et devoirs qui leur incombent, ainsi que la création d’un contexte de « bien vive ensemble » tel qu’effectivement mentionnées dans le projet de convention, sont certes indispensables mais ne peuvent pas être considérées comme suffisantes en matière de dispositions sociales pérennes.

Cette question est d’autant plus importante dans le contexte de crise sanitaire et sociale que nous subissons : l’incertitude est de mise et les risques d’accidents de la vie sont malheureusement encore plus probables pour bon nombre de nos concitoyens, à court et moyen terme. Et je pense que nous serons d’accord sur le fait que cette appréhension grandissante ne doit pas les faire renoncer à se maintenir durablement dans leur logement, ou à projeter d’en acquérir un si leur situation actuelle le leur permet.

Nous vous remercions donc par avance des précisions que vous pourrez nous apporter sur cette importante question des modalités d’accompagnement social post-plan de sauvegarde. Celles-ci passeront-elles par l’identification d’actions spécifiques à la charge du futur CCAS dont il est plusieurs fait mention dans la convention ? Nous en serions ravi.e.s !

Je vous remercie pour votre attention.

Maëlle PAUGAM