Intervention de Joseph SIMEONI

Conseiller municipal et conseiller communautaire m2A

Conseil municipal du 17 juin 2021

Retrouvez l’extrait vidéo de l’intervention de Joseph SIMEONI :

Ce conseil municipal du 17 juin, à la fin d’une année scolaire difficile, au-delà de la délibération portant sur l’octroi de subventions accordées à différents acteurs, hors école, intervenant dans le dispositif de la cité éducative des Coteaux que nous voterons, est aussi propice à une tentative de bilan de la situation scolaire de notre ville.

D’un point de vue structurel, l’école maternelle et primaire est dominée par le désordre institutionnel :

1) dualisme scolaire public/privé, au nom de la liberté de choix s’organisent les inégalités et la reproduction des inégalités.

2) Les dispositifs REP et REP+, souffrent de sous-investissement et d’absurdités telles celles des écoles Kléber et Porte du miroir.

3) Avec l’ouverture de l’école de l’Illberg à recrutement particulier, la Ville s’inscrit dans une politique scolaire libérale de l’offre, et participe ainsi au creusement des inégalités au détriment du droit à l’éducation de tous les enfants.

4) La création récente de la « cité éducative » aux Coteaux et seulement ici, rajoute une couche de plus, et le glissement vers la territorialisation qui vient fragmenter un peu plus le paysage scolaire.

5) La cité éducative assume aussi, c’est le sens de la délibération de faire l’école « hors l’école » et cela vient parachever ce mouvement qui a conduit en quelques années à la démission de l’État au profit de missions confiées aux collectivités sans évidemment que ce transfert de charges s’accompagne des moyens financiers.

Bilan : tous les enfants ne sont pas traités de manière égale ! Il y a toujours plus d’inégalités scolaires à Mulhouse mais cela ne tombe pas du ciel c’est le résultat des politiques scolaires libérales.

Ainsi sous couvert de territorialisation, la cité éducative par exemple, nous sommes passés en 25 ans du droit à l’éducation et à la formation au devoir d’apprentissage et de compétence. La pédagogie, d’outil de la transmission, fût-elle celle des valeurs de l’économie libérale triomphante, est désormais présentée comme instrument de l’autonomie des « apprenants ». La notion d’autonomie renvoie ici à l’émergence de l’individu social adaptable à l’économie marchande.

La centralité d’enjeux de remédiation scolaire, de la lutte contre le décrochage scolaire, ou de la prévention de la délinquance ont contribué à mettre davantage l’accent sur une mise en conformité des élèves avec les normes scolaires et l’ordre social, qu’à les inscrire dans une posture critique et émancipatrice.

Il est temps que le service public, l’École de la République retrouve des couleurs. A l’heure où J.M Blanquer annonce 1000 suppressions de postes dans le 1er degré, il faut un plan d’urgence pour notre ville et un engagement politique de la ville visant à sortir du désordre libéral producteur d’inégalités et de violences muettes. En 2022 notre ville sera quelques jours durant la capitale de la pédagogie à l’occasion du congrès national du SNUIP FSU, faisons-en sorte dès la rentrée 2021 d’être aux côtés des enseignants et des parents qui ont le service public au cœur.