Intervention de
Nadia El HAJJAJI

Conseillère municipale à Mulhouse et conseillère communautaire m2A

Conseil municipal de Mulhouse du 30 septembre 2021

Retrouvez l’extrait vidéo de l’intervention de Nadia EL HAJJAJI

Madame la maire,
Cher.e.s collègues,

Ce n’est pas de gaieté de cœur que je prends la parole sur cette délibération.

En effet, quand en 2021 on est encore obligé de parler de violence intrafamiliale et de violences faites aux femmes, de pratiques d’un autre âge où certains pensent avoir le droit de maltraiter l’autre, avoir des droits sur le corps de l’autre, avoir le droit de vie ou de mort sur l’autre c’est vraiment pesant et lassant mais les faits sont là. Les chiffres sont parus au niveau national : il y a une nette augmentation des violences intra-familiales et des violences faites aux femmes et Mulhouse n’est pas épargnée.
Bien sûr nous saluons la présence et le travail indispensable d’une intervention sociale essentielle au sein du commissariat central pour la prise en charge des personnes en situation de détresse sociale lorsque la police nationale est saisie par des victimes.

Faut-il encore que les victimes y soient systématiquement orientées, tout comme le fait d’aller voir un médecin légiste devrait l’être également. Sans une personne formée référente et une formation amplifiée des forces de l’ordre quant à la gestion des victimes, il continuera d’y avoir des trous dans la raquette dans l’orientation auprès de relais mais aussi des phrases maladroites lors de l’accueil des victimes comme « Revenez demain » ou « Vous êtes sûre de vouloir porter plainte ? ».

Nous saluons les actions des associations et des acteurs locaux qui font ce qui est possible, et même plus, avec les moyens qui sont les leurs. Et nous savons que la mission dépasse largement les moyens.
Nous savons à quel point c’est un chemin de croix et un parcours du combattant pour que des victimes puissent franchir le pas de saisir la justice. C’est une des raisons pour lesquelles nombre de victimes ne portent jamais plainte. Mais ici à Mulhouse, quand on est victime de violence ou menacée de mort. Une fois qu’on porte plainte et que l’agresseur redouble de menace de représailles, comment se protéger ? Qui peut donner des conseils juridiques ? Qui aller voir ? Où se cacher ? Quand on est témoin, comment réagir, qui doit on appeler, qui peut donner des conseils ?

Tout le monde ne le sait pas. Tout le monde ne connait pas l’utilité du 3919, le site arretonslesviolences.gouv.fr où il est possible de signaler à la police une violence en ligne, tout le monde ne connaît pas le 114 qui permet d’alerter la police par sms, tout le monde ne connait pas le CDIFF ou le planning familial, tout le monde ne sait pas la nécessité d’avoir voir un médecin légiste, comment contacter un avocat, tout le monde ne connaît pas les acteurs locaux et les professionnels à saisir, tout le monde ne connaît pas la différence entre une main courante et une plainte, tout le monde ne sait pas à quel point il faut être vigilant sur l’intitulé de la plainte et de la suite que cela donnera. Les questions de prévention sont très importantes tout comme la question de l’information.

Certes il existe sur le site Internet de Mulhouse un guide PDF à télécharger sur les violences conjugales et intrafamiliales. Encore faut-il savoir qu’il existe et le trouver après une recherche peu intuitive dans les intitulés.
En ces temps de montée de violence, notamment intra-familiales et des violences faites aux femmes des villes sont proactives par des campagnes d’affichage d’informations, des numéros de téléphone, des acteurs locaux : ce qui plus que nécessaire.
Mulhouse a besoin de s’inscrire dans cette démarche, nous espérons que vous saurez vous en saisir. Il est temps de sortir de l’observation et d’avoir une attitude pro-active. Mais je n’en doute pas : vous avez su faire une campagne d’affichage pour souhaiter une bonne rentrée aux écoliers, vous saurez le faire pour informer et protéger vos habitant.e.s.