La réouverture des écoles à Mulhouse ne pourra se faire que dans un climat serein et de confiance avec les familles et les personnels.

Il semble évident dans notre ville, que la réouverture des établissements le 11 mai 2020 est impensable, au vu des risques sanitaires et de la protection due à nos enfants, aux personnels et aux parents.

De nombreuses familles pensent déjà à déscolariser leurs enfants pour les protéger et se protéger. Nous ne pouvons pas accepter que le 11 mai soit la rentrée uniquement de celles et ceux qui n’ont pas le choix. La seule reprise scolaire possible est la reprise conjointe de tous les enfants, lorsque la protection de toutes et tous sera garantie (personnels de l’éducation nationale, personnels des collectivités locales, familles des enfants scolarisés et élèves). Les conditions qui rendront cette reprise possible doivent être élaborées démocratiquement.

Ni les annonces de Jean-Michel Blanquer, ni celles de messieurs Macron et Philippe ne nous rassurent. Ils se défaussent largement sur les collectivités locales et leurs moyens très inégaux, mettant en tension les familles, les personnels, les élus, les intervenants de la culture et du sport extérieurs à l’école.

Nos enfants ont besoin d’école, d’être en classe avec des adultes formés, dans des conditions favorables aux apprentissages, pour apprendre et progresser ensemble, et pas d’une école à la carte et à plusieurs vitesses. Oui, l’école doit reprendre pour toutes et tous. Mais la reprise de l’école ne peut être ni l’instrument d’une reprise de l’épidémie, ni le prétexte de la dégradation du service public rendu.

Nous exigeons un cadrage national définissant les conditions de la reprise, débattu avec les organisations syndicales enseignantes, les associations de parents d’élèves, et les élus, ainsi que la création d’un fonds national dédié à sa mise en œuvre, pour que les enfants de tout le territoire soient traités à égalité.

Pour mieux encadrer nos enfants, nous avons besoin d’un plan massif de recrutement, notamment d’ATSEM à Mulhouse, pour faire face à une crise qui risque fort de se prolonger. Nous demandons la titularisation et la revalorisation salariale de tous les personnels précaires incluant les AESH, travaillant dans l’éducation depuis plus de deux ans, l’augmentation significative du nombre de places aux concours dès cette année et un moratoire sur tous les projets de fermetures de classes et de postes.

La crise sanitaire a révélé aux yeux de toutes et tous les inégalités scolaires et l’utilité d’un service public d’éducation nationale.

L’école publique et ses personnels ont assuré l’accueil des enfants des personnels soignants. Ils continueront de le faire, outre les contacts à distance avec leurs élèves. Nous pourrions, à l’instar de la proposition formulée par Fabian Jordan, élargir l’accueil des enfants dont les familles sont dans des situations sociales particulièrement préoccupantes ou encore cibler et traiter plus activement encore les cas de décrochage scolaire permanents.

Mais, refuser l’ouverture des écoles dès le 11 mai en l’absence d’un cadre national clair, de garanties sanitaires réelles et de l’égalité, est aujourd’hui la seule solution raisonnable. Anticiper et préparer la rentrée de septembre en donnant à l’école publique les moyens humains et matériels de faire plus et mieux, avec des élèves qu’il faudra accompagner est le chemin le plus sûr pour retrouver un climat serein et protéger les populations.

C’est ce que nous vous proposons pour Mulhouse, Madame Michèle Lutz. C’est ce qu’attendent de leur maire les Mulhousiennes et Mulhousiens. Quand allez-vous prendre la décision de garder les écoles de Mulhouse fermées et de préparer dès maintenant, une rentrée améliorée et sécurisée en septembre ?

Mulhouse Cause Commune – le 2 mai 2020

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