Intervention de Nadia EL HAJJAJI

Conseillère communautaire m2A
Conseillère municipale à Mulhouse

Conseil d’agglomération m2A du lundi 15 mars 2021

Retrouvez l’extrait vidéo de l’intervention de Nadia EL HAJJAJI :

Je profite de cette délibération qui concerne la jeunesse pour aborder un sujet plus que préoccupant. Nous avons tous connaissance de la distribution alimentaire organisée par le secours populaire du Haut-Rhin en direction des étudiants du territoire il y a à peine dix jours. Si je profite de cette délibération, c’est parce qu’on sait très bien que si des étudiants décrochent, on va les retrouver à Sémaphore à travailler sur leur orientation et/ou à l’accès à l’emploi.

Je reviens sur cette action du Secours populaire : elle a mis en visibilité la précarité étudiante qui se vit au quotidien et qui a été renforcés par la crise. Ce n’est pas une réalité de second plan, c’est une priorité. Plus personne ne pourra dire ou faire comment si cela n’existe pas.

Plus d’un 1 étudiant sur 8 a été dans l’obligation de faire appel à cette aide alimentaire et de produits d’hygiène. C’était une queue interminable d’étudiant.e.s avec leur cabas, leur sac et leur dignité brisée. Une véritable atteinte qui laisse des traces notamment dans leur confiance en soi et en l’avenir. Une véritable honte. Mais j’ai envie de dire que ces étudiants que nous avons vus, c’est encore une bonne nouvelle : cela signifie qu’ils n’ont pas encore décroché. On se réjouit de ce qu’on peut.

Au sein de l’agglomération, il y a le levier alimentaire, le levier transport, le levier logement étudiant. A part l’initiative du parc de vélos gratuits à destination des étudiants que nous saluons, on fait quoi ? On attend le resto U de 2025 et puis c’est tout ?

J’entends déjà certains dire « ce n’est pas de notre responsabilité, vous savez l’Etat, vous savez les communes, vous savez l’agglomération ». On est pourtant d’accord, chacun a sa part de responsabilité : l’Etat, l’agglomération, les communes. C’est une responsabilité collective. Ça suffit de refiler la patate chaude à son voisin.

Soyons honnête, est-ce qu’on peut se regarder dans les yeux, là ce soir dans cette assemblée, sans honte ? Est-ce que tout le monde a activé tous les leviers possibles ? Dans les communes, au sein de l’agglomération, auprès de l’Etat ? Je ne le pense pas.

Mais puisqu’il a été décidé de ne rien faire, d’abandonner notre jeunesse, d’en faire le deuil et de sacrifier l’avenir : je propose que l’on acte cette passivité et cette inaction par une minute de silence pour cette génération sacrifiée, ces générations d’aujourd’hui et de demain.